Economie : sommet Texas-Union Européenne

Le troisième sommet Texas-UE s’est tenu le 1er mai 2014 à Austin au centre AT&T de l’Université du Texas. Il est organisé par le World Affairs Council of America et a pour vocation à la fois de discuter des principaux points des relations économiques entre l’Union européenne et le Texas et de présenter les pays de l’Union européenne aux sociétés de la région.

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C’est aussi l’occasion de faire le point sur les discussions en cours pour l’adoption d’un futur accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe (le Partenariat transatlantique de Commerce et d’Investissement ou PTCI). En ouverture, un représentant de la Fondation Betelsmann, chargée par l’Union européenne de présenter aux Etats-Unis les enjeux de cette négociation, a indiqué qu’il existait une dynamique et une volonté de s’entendre de la part des deux parties en présence pour couvrir un champ très large de secteurs (tarifs, réglementations, normes, investissements, mobilité des travailleurs, etc.). Il n’a pas caché qu’il restait un gros obstacle à franchir du côté américain avec l’octroi par le Congrès à l’exécutif américain d’un mandat de négociation. Sans ce mandat, les délais pour un accord final seront largement prolongés.

Une autre session de ce sommet a couvert les questions de partenariat entre les Etats-Unis et l’Europe sur les questions d’énergie. Le constat d’une différence d’approche entre une politique d’énergie par chère aux Etats-Unis et d’une énergie coûteuse en Europe a été souligné et insistant sur l’avantage considérable que devraient en tirer les entreprises de ce côté de l’Atlantique. Cet état de fait ne devrait pas changer avant longtemps. Ensuite plusieurs entreprises ont évoqué la facilité qu’elles avaient à travailler au Texas et surtout ont présenté des technologies nouvelles qu’elles pouvait facilement mettre en œuvre dans cette région. Notamment une entreprise néerlandaise a longuement évoqué sa technologie de forage radial qui lui permet d’obtenir des résultats aussi bons voire meilleurs que la technologie de la fracturation hydraulique. Ainsi une entreprise française non nommée a eu recours à cette technologie pour développer son site dans le bassin parisien à la suite de l’interdiction de la fracturation hydraulique.

Intervention de Sujiro Seam - JPEG

Le reste de la journée a été dévolu aux Etats-Membres (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Irlande, Espagne, Italie, Pays-Bas et France) qui pouvaient présenter leurs modes de fonctionnement pour aider les entreprises américaines à venir travailler ou s’implanter dans leur pays. On notera que la France disposait d’une session entière. En effet, cette année le Sommet Texas-UE avait décidé de mettre notre pays à l’honneur en raison de son absence l’année précédente. Ainsi le consul général, l’Agence française pour les investissements internationaux (l’AFII), le Service économique régional de Washington (SER) ainsi que Dresser-Rand, entreprise texane implantée depuis plus d’un demi-siècle en France, ont chacun fait une présentation. La délégation française avait décidé de mettre l’accent sur l’innovation. Ce fut l’occasion de mettre en valeur les efforts qui sont fais en France notamment, mais pas seulement, par la création de la Banque publique de Développement pour promouvoir les entreprises qui disposent de grands centres de recherche et développement ou qui cherchent à développer de nouvelles technologies. Le SER a ainsi souligné l’importance des 71 pôles de compétitivité répartis sur tout le territoire. L’AFII a souligné les efforts que la France met en œuvre en ce moment pour améliorer la compétitivité des entreprises nationales notamment au travers du crédit d’impôt recherche et par de nouvelles mesures fiscales. Le PDG de Dresser-Rand, Monsieur Vince Volpé, a su retenir l’attention de tous avec une maestria de tribun en martelant que son entreprise était très heureuse en France malgré des impôts élevés. Alors pourquoi heureuse ? eh bien en raison d’une main d’œuvre remarquablement formée et particulièrement fidèle.

Mais ce fut aussi l’occasion de présenter la France sous une image moderne et distrayante en montrant un film de 3 minutes visant à combattre les clichés d’un pays qui a trop de vacances, trop de grèves et trop d’impôt pour montrer la réalité de la productivité et de l’innovation française. De même le consul général en faisant rire l’assistance a su montrer le sérieux de nos entreprises qui ne travaillent pas loin s’en faut uniquement dans les secteurs de l’alimentation, du vin, du luxe ou du tourisme. A l’audimètre des applaudissements on sentait que la délégation avait fait mouche.

Serge Krebs

Dernière modification : 20/05/2014

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