Une économie texane toujours florissante

Le Texas : toujours numéro un de l’exportation des Etats-Unis

Le Texas a maintenu en 2013 sa 1ère place d’exportateur américain, devançant nettement tous les autres Etats du pays. Maintenant que cela dure depuis douze ans, on imagine mal quel Etat pourrait lui ravir cette place. La Californie forte d’une population et d’un PIB largement supérieurs n’y parviendra pas. Son économie est dynamique et innovante, comme celle du Texas du reste, mais bien des inventions qui naissent sur la côte atlantique (notamment dans l’informatique et l’internet) trouvent leur réalisation manufacturière à l’étranger ou au Texas. Les géants du secteur préfèrent ouvrir une usine près d’Austin que du côté de San Francisco ou de Los Angeles.

L’autre attrait pour les exportateurs est la situation géographique du Texas. Le transit économique entre le Mexique et les Etats-Unis bénéficie au premier chef au Texas dont les liens terrestres avec le sud sont nettement plus faciles et efficients que ceux existant plus à l’ouest. Le secteur de la logistique est ainsi le quatrième grand secteur texan après l’énergie, l’aéronautique et la santé.

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Port de Houston

La valeur des exportations du Texas pour 2013 s’élevaient à 265 milliards de dollars, une augmentation de 5,4 % par rapport à 2011 (251 milliards de dollars en 2011) et a dépassé l’ensemble des exportations américaines, qui n’ont progressé que de 4,3% à 1,54 trillions de dollars.

Les principaux bénéficiaires des exportations de l’État ont été, sans surprise et avant tout, le Mexique (35,7%) suivi de loin par le Canada (9,0%), la Chine (3,9%), le Brésil (3,8%) et les Pays-Bas (3,6%).

Le boom des hydrocarbures ne semble pas faiblir

Dans l’énergie, la révolution des hydrocarbures non conventionnels continue de soutenir une croissance double de celle du reste du pays. On a pu dire ou penser que cela reposait sur une bulle à la fois financière et commerciale (capitaux largement octroyés pour forer combinés à des achats frénétiques d’équipement) qui devait éclater dès que les rendements de produits extraits passeraient sous la barre du remboursement des intérêts et du paiement des redevances. Certes, la bulle gazière a bien eu lieu en 2010-2011 mais elle a été largement résorbée ou effacée par la montée en puissance des extractions d’huiles nettement plus rentables. Le prix du gaz a bien chuté mais il est remonté et devrait rester stable sur le marché intérieur à environ 4-5 dollars le Btu permettant le lancement de projets d’exportations de GNL par exemple. Le Texas renforce donc sa position de grand exportateur de produits pétroliers. La décision toujours reportée sur la construction de l’oléoduc Keystone XL a pu un temps contribuer à assombrir les pronostics économiques du secteur de l’énergie au Texas, mais en fait ce report n’a pas été aussi désastreux qu’on a pu le penser. Le pétrole canadien coule toujours et même à un rythme augmenté depuis l’ouverture cette année de la partie méridionale de Keystone XL qui, ne passant pas de frontières internationales, n’avait pas besoin d’un accord du Ministère des Affaires étrangères ou de la présidence des Etats-Unis. Les sables bitumineux prennent le train s’il le faut mais arrivent jusqu’au Golfe. La meilleure preuve : le différentiel de prix de vente du brut canadien et du WTI s’est largement réduit. Elle avait pu atteindre parfois jusqu’à 25% en 2012-2013.

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Signe de la bonne diversification de l’économie texane, les industries les plus exportatrices du Texas en 2012 n’ont pas été seulement celles des hydrocarbures (21,6%) mais aussi celles des TIC et l’électronique (17%), de la chimie (17%), de la mécanique (11%), du matériel de transport (9%) et des produits agricoles (5%).

Le Texas attire aussi les investisseurs puisqu’il se situe au 2ème rang des Etats du pays en termes de nombre d’emplois dans les filiales américaines de sociétés étrangères (460 100 emplois en 2011). Entre 2009 et 2013, il y a eu 475 projets d’IDE dans le Texas, créant 59 000 emplois et générant 43 milliards de dollars en investissement de capitaux dont 51% provenant de l’Union européenne.

Et la France ?

Eh bien la présence économique française reste importante au Texas. Nos entreprises sont toujours attirées par la région du Golfe. La bonne croissance des villes comme Houston et Dallas devrait maintenir cet enthousiasme. 5ème investisseur derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada et le Japon entre 2009 et 2013 avec environ 12 milliards de dollars de stock d’Investissements directs, la France se place même en 2ème ou 3ème position par le nombre d’emplois soit environ 43 000. Durant cette période, il n’existe pas moins de 40 projets d’investissements français recensés par les services du Gouverneur avec une prédominance pour le commerce au détail (LVMH, Kering, etc.), la chimie (Arkema, Air Liquide, Total, etc.) et l’électronique.

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Les échanges commerciaux bilatéraux étaient légèrement déficitaires pour la France en 2013 (624 millions de dollars) en raison des exportations de produits pétroliers vers l’Hexagone en forte hausse. La France est le 16ème client du Texas (3,7 Mds de dollars, -2,8%/2012) et son 18ème fournisseur (3,2 Mds de dollars, +2,9/2012). Le Texas exporte essentiellement vers la France des produits chimiques et des produits pétroliers (plus de 50% du total). Dans l’autre sens, le secteur des transports représente 31 % de nos exportations vers le Texas, essentiellement dans l’aéronautique (Airbus, Airbus Hélicoptères, Safran, Turbomeca).

Serge Krebs
Service économique régional

Dernière modification : 15/09/2014

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