Texas : une économie touchée par le contre-choc pétrolier qui se montre globalement résiliente

Le retournement de la conjoncture texane a eu lieu en 2014 au moment même du contrechoc pétrolier. Cette concomitance montre que, malgré la diversification, les hydrocarbures restent la pierre angulaire de l’économie de cet Etat. Le secteur de l’exploration production pétrolière souffre de la surproduction mondiale et a perdu près de 17% de ses effectifs en deux ans, mais il est globalement résilient.
Pour autant, la baisse du nombre de permis de forage, qui a été divisé par deux en un an pour revenir à l’année 2003, soit avant le boom des hydrocarbures non-conventionnels, combinée avec les zones de forages qui suspendront leur production ou seront laissées à l’abandon, laisse prévoir que la production de l’État baissera en 2016 ou en 2017.

L’activité économique texane est en baisse depuis le mois d’octobre 2014

Le début de la dégradation du taux d’activité économique du Texas correspond exactement au basculement observé dans les pays de l’OPEP. Depuis cette date, le taux de croissance texan rejoint progressivement celui de la moyenne américaine laquelle augmente (croissance estimée à 3,25% pour 2015) en partie grâce au pouvoir d’achat libéré par la baisse du prix des hydrocarbures. Cette situation suit une période 2009-2013 pendant laquelle la croissance moyenne texane (4,4%) avait été deux fois plus importante que celle des autres Etats américains.

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La baisse des revenus pétroliers du Texas est estimée a - 50% en 2015, le nombre de forages et la production pétrolière ont beaucoup baissé (de 90 000 à 750 000 barils jour).

Selon les hypothèses disponibles à la fin octobre 2015, la production de pétrole du Texas semble avoir été de 3,4 millions de barils jours -Mb/j- (2,5 Mb/j de pétrole non-conventionnel à quoi étaient censés s’ajouter 900 000 b/j de pétrole conventionnel). Cette production s’entend hors pétrole offshore de la zone gérée par les autorités fédérales. Soit une baisse de 90 000 b/j par rapport à 2014 - selon les dernières hypothèses disponibles à la fin octobre 2015 .
En réalité, la seule donnée tangible dont on dispose est celle de l’activité de forage. En un an, à la date du 22 janvier, l’activité de forage non-conventionnel (pétrole et gaz de schiste) a dramatiquement baissé de 750 à 294 points de forage.

Cette très forte baisse du nombre de forages, combinée avec le fait que site de la Railroad Commission, l’agence de la régulation pétrolière du Texas, ne publie plus de statistiques de production entraine des hypothèses de production alternatives. Selon les experts, la production de pétrole texane pourrait déjà être située entre 2,75 et 3,06 M b/j.

Néanmoins, ni le bassin permien (premier gisement du pays avec 199 forages en activité), ni celui d’Eagle Ford (2eme du pays avec 64 forages en activité contre 206 forages il y a un an), ne se sont effondrés.
Et, si le Texas résiste moins bien que Marcellus (Pennsylvanie et Virginie occidentale), passé de 87 à 42 puits en année glissante - source shalexeperts.com -, l’économie texane des hydrocarbures résiste plutôt mieux que la Louisiane (Haynesville est rentrée en sous-activité avec 11 forages contre 64 il y a six mois).
Le secteur pétrolier -amont et ingénierie- qui employait 200 000 personnes dans l’État à la fin 2014 a baissé ses effectifs de 17% en année glissante à la fin novembre 2015 (soit une baisse d’environ 34 000 emplois à la fin 2015).

Le Texas est cependant globalement résilient.

- L’emploi résiste. Si le Texas revient au niveau de création d’emplois de la crise de 2008-2009 (+1% de création d’emplois à la fin décembre 2015 en année glissante), l’augmentation de son taux de chômage est contrôlé (en un an il passe de 4,4 à 4,6%), soit un niveau encore inférieur à la moyenne américaine (5%).

- Marche immobilier  : Faiblesse contenue. Sur le plan immobilier, un mouvement vers la mise vente des résidences secondaires (+15%) et vers la baisse des prix des résidences principales (jusqu’à -20%) est perceptible, mais aucune bulle hypothécaire ne parait pour autant se former..

- La Gouvernance économique de l’Etat s’est adaptée à la conjoncture alors que les revenus tirés de l’impôt sur les opérateurs pétroliers au Texas ont baissé de 50% en 2015 (ils représentaient en 2013 9,5% des revenus de l’État, contre 20% avant le contre-choc de 1985-86) et que le taux d’activité est orienté à la baisse (cf. diagramme). Lors de sa dernière loi de finance, le Congrès texan a voté une baisse de son budget à hauteur de 4MdUS$. Il est revenu sur une partie de la franchise fiscale dont bénéficiaient jusqu’à présent les établissements scolaires afin d’aider les entreprises à résister à la crise. La loi de finance a aussi baissé l’impôt sur les sociétés de 25%.

- Résilience bancaire Alors que le contre-choc de 1984-1986 avait entrainé la faillite de 700 établissements bancaires, en 2015-2016, les banques semblent globalement résister à la crise.

- Robustesse démographique du Texas. Selon les experts cette résilience est liée au développement de nouveaux secteurs économiques, au contexte fiscal favorable du Texas, et a des données démographiques favorables. Le Texas a ainsi connu une croissance de sa population de 29% entre 2000 et 2014 (situé à 34 ans, l’âge médian texan est ainsi plus jeune de 3 ans et demie par rapport à la moyenne fédérale).

Dernière modification : 26/01/2016

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