Deux texans issus de l’industrie pétrolière dans l’administration de Donald Trump

Les nominations de Rex Tillerson au poste de secrétaire d’Etat puis celle de Rick Perry en tant que secrétaire à l’énergie représentent deux signes positifs pour l’industrie pétrolière au Texas.

Né à Wichita Falls au Texas en 1952, Rex Tillerson a grandi entre l’Oklahoma et Huntsville, Texas. Diplômé de Texas University en ingénierie civile, il entre à Exxon en 1975 où il débute sa carrière sur un champ gazier en banlieue de Houston. Il passe 41 ans dans cette compagnie, entre le Texas, le Yémen et la Russie. Il est familier des puissances pétrolières telles que l’Arabie Saoudite ou la Russie dont il a reçu la plus haute distinction en 2013 : l’ordre de l’Amitié.

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Ces liens avec la Russie ont sans doute été un atout aux yeux de Donald Trump qui le nomme au poste de secrétaire d’état le 13 décembre 2016. Sa nomination, dans la foulée des réductions de production pétrolière annoncées par l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEC) en décembre 2016 et la remontée du prix du baril à $50, est un signe positif pour l’industrie pétrolière et inaugure sans doute une nouvelle ère pour l’industrie après 8 ans de régulations imposées par l’administration de Barack Obama.

Rex Tillerson bénéficie par ailleurs du soutien de l’ « establishment » du parti républicain texan et notamment de la famille Bush. Lors de son audience de confirmation le 11 janvier 2017, il reçoit le soutien des deux sénateurs républicains texans, John Cornyn et Ted Cruz.

Selon John Cornyn : « L’ampleur de son expérience en tant qu’homme d’affaires et négociateur expérimenté lui apportent une connaissance solide des défis géopolitiques et économiques »
Pour Ted Cruz : « Rex Tillerson est un homme sérieux qui comprend la valeur de la persévérance. Nous avons besoin d’un secrétaire d’Etat qui comprenne que l’Amérique est exceptionnelle et qui posera les bases d’une politique fondée sur cet exceptionalisme et qui mettra les intérêts de l’Amérique au premier plan ».
Au département de l’énergie, Donald Trump a choisi un ancien gouverneur texan qui souhaitait sa suppression.

Gouverneur du Texas entre 2000 et 2014, Etat riche en ressources minières, Rick Perry est naturellement un défenseur des intérêts de l’industrie pétrolière. En tant que gouverneur, l’axe principal de ses politiques a toujours été la création d’emplois en maintenant les impôts au plus bas et en limitant l’influence du gouvernement. Il n’a jamais manqué une occasion de vanter son bilan ou le « miracle économique texan » : peu de gouvernement, peu de taxes, peu de dépenses et peu de réglementations pour les entreprises. Selon ses adversaires, il a bénéficié de vents favorables à un moment de croissance importante de l’économie texane due en partie au développement de la fracturation hydraulique et l’explosion de la production de gaz et de pétrole.

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Lui-même candidat à l’investiture du parti républicain en 2016, il s’est montré très critique vis-à-vis de Donald Trump qu’il a qualifié de « cancer conservateur ». Donald Trump annonce cependant son intention de le nommer le 14 décembre 2016 à la tête du département de l’énergie. Il est cocasse de rappeler que Rick Perry a proposé de supprimer ce département en 2011 alors qu’il était déjà candidat à la primaire républicaine. Malgré son nom, le département de l’énergie est largement plus axé sur la sécurité nationale que sur l’extraction minière, sur l’entretien et la sécurité de l’arsenal nucléaire et sur la gestion des déchets nucléaires. Sous l’administration de Barack Obama, le département a également développé son action dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique notamment à travers la recherche scientifique dans une série de laboratoires qu’il supervise.

Les détracteurs de Rick Perry font valoir que les deux derniers secrétaires à l’énergie, Ernest Moniz et Steven Chu, ont apporté au département leurs doctorats en physique et dans le cas de Steven Chu, un prix Nobel. Ils s’interrogent sur les qualifications pour ce poste de Rick Perry, diplômé de sciences animales de l’université de Texas A&M. En outre, selon ces critiques, la nomination au département de l’énergie d’un climato sceptique est alarmante. Rick Perry a en effet déclaré « la science n’est pas claire en ce qui concerne l’influence de l’activité humaine sur le réchauffement climatique » et « il ne faut pas mettre en péril l’économie américaine en se basant sur une théorie scientifique ».
Les plus grandes craintes concernent l’abandon des programmes d’énergie renouvelables gérés par le département, en faveur d’un recentrage sur les énergies fossiles.

Les nominations de Rex Tillerson et de Rick Perry s’ajoutent à la liste des défenseurs des énergies fossiles dans l’administration de Donald Trump. Scott Pruitt, procureur général de l’Oklahoma et climato-sceptique, a été nommé à la tête de l’Agence de Protection de l’Environnement. Ces nominations alimentent les inquiétudes sur le sort de l’accord de Paris sur le climat.

Dernière modification : 27/01/2017

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